C'est qui, elle ?

Publié le par Rodolphe

Conscience très nette de m'attaquer, par la face nord, au mystère des mystères, et aussi, sans aucun doute, à un sujet qui fâche, déjà nos frères protestants, qui ne voient qu'idolâtrie dans ce salmigondis de dévotions inutiles, sans parler de monsieur tout le monde, de monsieur "j'ai eu une éducation catholique mais j'ai arrêté de pratiquer", qui veut bien à la limite croire en quelque chose, mais pas en des nunucheries pareilles...C'est qui, elle ? Immaculée Conception, Mère de Dieu, médiatrice...Tellement de choses ont été proclamées sur la mère de Jésus, des choses vraies, des choses fausses, des dogmes, si souvent mal ou pas du tout compris...Tellement de choses ont été dites qu'on a fini par, souvent, reléguer la Vierge au panthéon des dévotions personnelles, touchantes, qui finalement ne font de mal à personne, et ne dérangent pas grand monde non plus.
"C'est qui, elle ?" C'est en ces termes que le Père Samuel Rouvillois, frère de St Jean et dynamiteur émérite de sécurités intellectuelles, s'adressait, à Lourdes, à un parterre de jeunes catholiques pourtant apparemment très bien renseignés sur le sujet. Abrupte, la question résonnait un peu comme un écho au " vous, qui dites-vous que je suis ?" adressé par le Christ à ses apôtres...Pas facile d'y répondre sans déballer poncifs, lieux communs, sans convoquer l'imagerie sulpicienne en renfort.
C'est qui, elle ? Personnellement, si j'écoute la réponse qui monte en mon coeur, après avoir pris le temps, en prière, d'interroger directement l'interessée, j'entends : "un désir. Un immense désir". Et tout bien considéré c'est assez juste. A travers tout ce que nous pouvons saisir d'elle, ce que nous révèle l'Ecriture, ce que nous disent la tradition de l'Eglise, les théologiens qui ont scruté son mystère et les mystiques qui ont contemplé son coeur, on découvre en Marie la soif ardente de Dieu. Sa vie toute entière a été brûlée par cette soif d'être unie à cet Amour dévorant que l'on nomme Dieu. A la lumière de ce désir on peut relire toutes les étapes de sa vie, les grandes "purifications" auxquelles il lui a fallu consentir pour que sa charité, déjà au delà de tout ce qui se peut concevoir, soit pleinement au diapason avec celle, insondable, du Coeur de son Seigneur.
Marie, c'est la pauvreté par excellence : elle a consenti à ce que plus rien ne lui appartienne, à ce que tout en elle soit brûlé en holocauste d'amour. Elle a absolument tout donné, jusqu'à son propre Fils dans l'impensable consentement de la Croix. Aucune créature depuis le commencement des temps, ne s'est jamais présentée aussi pauvre devant son Créateur, ni, osons le mot, aussi avide de tout recevoir de Lui, et rien que de Lui. C'est pourquoi Il lui a tout donné. C'est cette soif, cette tension de tout son être qui lui a ouvert les portes du Ciel; Ciel que Dieu lui a donné pour enfin combler ce désir fou d'être une avec Lui. Il lui a répondu en s'offrant à elle, entièrement, dans l'éternité. C'est ce que l'on appelle l'Assomption.
Marie demeure éternellement dans la Gloire, les yeux fixés sur son Seigneur, le Dieu Trine qui se révèle à travers la blessure du Coeur du Ressuscité, dans une plénitude silencieuse de joie où le temps n'a plus cours. En ce mystère nous contemplons ce dont, à sa suite, nous vivrons. Et Jésus nous offre Marie, pour qu'elle soit mère de notre Foi et de notre Espérance, elle qui a sur-éminemment vécu de ces vertus, et mère de notre Charité, elle dont le coeur dilaté aux "dimensions" de Dieu resplendit dans l'éternité, uni au Coeur du Sauveur.



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vancoellié 19/02/2010 12:54


C'est magnifique  cette approche de Marie et me va droit au coeur  Je pense que cela peut toucher plus d'un irrascible ! Merci pour ces mots simples mais profonds Annie


Rodolphe 19/02/2010 14:09


Merci ma soeur, pour ta visite et ton commentaire !