Demain sera un cri

Publié le par Rodolphe

Dans l'espace fragile du secret retrouvé                                         photo-polynesie-photo-ponton-ponton-03.jpg
L'être-là et le jeu se réinventent,
Comme des bulles de joie pleine qui,
Echappant aux relais, pénètrent mon instant.
Elles chuchotent mon nom...
Il y a des "je t'aime" dans leur murmure,
De ces souffles d'ange que reconnaît la chair
Lorsqu'elle renaît sur les ossements...

C'est l'heure des passages,
Voici l'étrange souterrain !
Mangeons l'agneau en hâte
Puisque nous savons déjà
L'odeur de la terre,
Puisque sa lumière oblique
A fait resplendir nos larmes,
Puisque nous sommes sauvés !

Le temps nous est rendu pour creuser des fontaines de silence,
Et la neige a recouvert nos traces :

Courons !

Il est ouvert le maquis solennel,
Dont les chênes sont des voix d'hommes debouts.
Leur chant est une montagne plus large que l'onde,
Ils contemplent le ciel et leurs mains sont ouvertes,
Ils entendent les mystères...
Ce sont des accoucheurs d'oiseaux,
des nudités entières, des veilleurs du matin :
Ils ont cru
En la splendeur du monde,
Aucun n'a fermé les yeux,
Aucun n'a proféré la mort.

Sur leur ponton je deviens également sentinelle,
Les effluves de l'être informent mes pupilles inquiètes,
J'appelle mes frères.

Ces mots que je dirai
Vibreront comme de la lumière,
L'éblouissement sera notre pitance,
La nuit ne viendra plus sur les îles éternelles :

DEMAIN SERA UN CRI !

Cri d'homme, englué dans le bitume des concepts,
Qui soudain se rappelle qu'il a un Nom.

Cri du conspirateur
Qui peut rendre sublime
L'espace du refus,

Cri !
Tendu comme un soupir,
Ouvert comme la gueule
D'un nouveau-né qui voit.





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