Joseph

Publié le par Rodolphe

St-Joseph-plein.jpgL'Eglise catholique fête Saint Joseph durant le temps du carême, le 19 mars, et il n'est pas interdit d'y voir un clin d'oeil des Instances Supérieures : si Joseph est un des saints les plus aimés et vénérés par la piété populaire, c'est également une figure humble, discrète, d'un silence étonnant. Dans les évangiles, Joseph ne dit rien : il consent. On peut même dire que c'est l'homme de tous les consentements : il accepte que sa fiancée soit enceinte d'un autre, et résout de la répudier en secret pour lui éviter la lapidation, sort réservé dans la loi mosaïque aux adultères. Puis il accepte que cette grossesse ne soit pas tout à fait comme les autres, et consent encore à être le gardien de cette maternité qui vient d'En-Haut. Il devient le confident et le protecteur de la consécration virginale de son épouse qui, se voulant toute à Dieu, "ne connaît pas d'homme". Il accepte d'être le père "terrestre" de cet Enfant dont le mystère le dépasse infiniment, et devant Lequel, comme père, comme chef de famille, il ne peut être autrement que pauvre, désarmé, démuni...Enfin, toujours à cause de cet Enfant, il se soumet à l'épreuve de l'exil, de l'errance, à la persécution.

A l'heure où dans le secret du sein maternel
Dieu visite déjà Son peuple, Israël attend le Messie, le libérateur promis qui "restaurera la royauté". Une attente vive, car le pays, sous le joug de l'empire romain, n'est plus qu'une sorte de royaume fantoche, une république bananière, dirions nous aujourd'hui. Mais certainement aussi, cette espérance est-elle souvent perçue comme lointaine par les contemporains de Marie et Joseph, car des prophéties, des alliances et des promesses, il y en a eu beaucoup, pourtant Israël n'est plus que l'ombre de lui-même, et la domination de Rome s'étend jusqu'au Temple de Jérusalem...Descendant de la lignée du roi David dont doit surgir le Messie, Joseph n'a pas l'aura d'un meneur d'hommes, encore moins celle d'un monarque : c'est un pauvre, un artisan dont il nous est dit qu'il était "un homme juste" (Mt 1, 19), qui a surtout hérité d'une noblesse de coeur, d'une générosité et d'une hâte au service de ceux qui lui sont confiés, qualités dont Jésus lui-même montrera plus tard qu'elles sont la royauté authentique, la royauté "qui n'est pas de ce monde".



De fait la situation de Joseph est unique dans l'Ecriture : premier dépositaire de la nouvelle Alliance initiée par Dieu avec l'humanité dans le sein de la Vierge, père légal de Jésus, aucun homme sur terre, pas même Moïse dont il est dit qu'il conversait avec Dieu "face à face", n'a connu pareille intimité avec le Mystère. Joseph a vu Dieu, il l'a touché, il l'a porté dans ses bras, l'a nourri, lui a appris à marcher, à parler, a eu charge de son instruction, lui a enseigné son métier...il a été jour après jour le familier de la petitesse extrême en laquelle l'Eternité a voulu nous rejoindre pour que plus jamais, l'ayant contemplée, nous ne puissions imaginer un Dieu indifférent, lointain et tyrannique...Et ce n'est sans doute pas un hasard si le Verbe, s'incarnant, s'est choisi pour tuteur un homme humble parmi les humbles : à travers la figure de Joseph, le Fils Unique nous montre déjà le visage doux et humble, paisible et fort, sage, attentif et fidèle, du Père céleste. La bonté de Joseph nous dit quelque chose de la magnanimité du coeur de Dieu. Son zèle nous parle de la sollicitude et de la miséricorde de l'Eternel.

Le coeur du mystère de Joseph, son secret, n'est-il pas à chercher dans son alliance toute particulière avec Marie ? En consentant à la consécration, à la virginité perpétuelle de son épouse, certes Joseph s'en fait le gardien. Mais en choisissant de devenir l'époux de celle qu'il ne connaîtra jamais selon la chair, n'entre t-il pas lui même de plain pied dans une consécration, dont celle de Marie est la source et le modèle ? Faisant le choix, pour adhérer au dessein du Salut, de renoncer à tout ce qu'il lui était légitime d'espérer : vie conjugale, stabilité, famille nombreuse et tous les signes de bénédiction chers à la tradition juive, Joseph n'est-il pas à la suite de Marie le premier des chrétiens consacrés, et d'une façon spéciale le père de tous ceux qui ont choisi de tout quitter pour qu'advienne le règne de l'Enfant-Dieu dans leur vie ?

C'est alors bien plus que notre travail, notre maison ou nos problèmes affectifs qu'il nous faut confier à l'intercession de Saint Joseph en ce jour où nous le fêtons : peut-être pourrions nous demander à celui qui a éduqué le Christ, son assistance pour opérer tous les lâchers-prises, les conversions, les consentements qui feront de nous ces pauvres de coeur, ces petits enfants à qui appartient le Royaume des Cieux.

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Angélique 23/03/2010 11:41



Aujourd’hui est encore un jour de grâce qui nous est
accordé


Bonne journée ensoleillée


Fraternellement



Rodolphe 24/03/2010 11:09


Amen ! Il vient vers nous, le Dieu Véritable !
En Christ,
Rodolphe


DanièleHeritier 20/03/2010 07:29


En relisant mon mail je m'aperçois que je n'ai pas été très pr&cise: il s'agit d'un grand désir d'imitation de St Joseph pas de toi!!!!Hi hi hi hihihihihi


Rodolphe 20/03/2010 08:34


bien entendu ! cela dit, si vous avez aussi envie de faire un blog...


heritier 19/03/2010 11:24


Je trouve que tu as une très belle écriture.Tout en utilisant un langage à la portée de tous, tu sais emmener là où n'irions pas forcément, provoquant une réflexion profonde, nourrissant notre
foi .Ton texte conduit à un grand désir d'imitation et redonne des ailes pour voler plus haut.
( de même pour "les 3 tentations ).merci Rodolphe.  


Rodolphe 19/03/2010 23:52


évidemment ça ne se voit pas, mais je suis tout rouge...merci pour l'encouragement !