Petite loupiote

Publié le par un chrétien

fetelumiere2009lumignon.jpgJe voulais faire un article sur le 8 décembre, la fête de l'Immaculée Conception, tout ça. Je ne savais pas trop comment m'y prendre : pas tellement envie de partir dans une de ces grandes envolées théologico-lyriques dont j'ai le secret...Sur ce je suis sorti balader mon toutou, et j'en profitai pour regarder les centaines de lumignons que les gens avaient allumés devant leurs fenêtres. J'aime bien , vraiment j'aime bien : chacune de ces petites flammes, quel que soit le motif pour lequel elle a été allumée, c'est comme une petite louange qui s'élève, un chant d'espoir lancé en l'honneur de Celle qui porte toute l'Espérance du monde. Une petite étincelle avant la grande clarté de Noël. Y'a une légèreté dans l'air. On sent qu'Elle est là. Et qu'elle est contente. Et qu'elle bénit, largement, sans se soucier de savoir si la loupiote a été allumée par un pieux dévot, ou par quelqu'un qui s'est juste dit que "c'était joli".

 

Bref, mon petit tour terminé, je rentre chez moi et je commence à mon tour à installer les lumignons sur le rebord de ma fenêtre. Je fais ça de l'extérieur, vu que j'habite au rez-de-chaussée. J'allume toutes mes loupiotes, c'est beau. La porte de l'immeuble s'ouvre : c'est mon voisin de palier, un tunisien d'une soixantaine d'année. Probablement bon musulman, sa femme porte le voile. Un gars bien, un homme généreux qui un jour n'a pas hésité à m'offrir une bouteille de deux litres d'huile d'olive ramenée du bled, quand je lui demandais si, éventuellement, il ne pouvait pas me dépanner d'un fond de tasse pour une vinaigrette.

 

"Oh, c'est joliiii"...Je le regarde tout content, en même temps je me sens un peu bête, je lui fais : "hé oui, c'est le 8 décembre"..."hé oui", il répond. Il regarde un moment. D'un coup, il ajoute, assez enthousiaste : "allez, mets tout !". Je me demande de quoi il parle : y'a plus de place sur ma fenêtre, il me reste des bougies mais je ne vois pas bien ce que...D'un coup, je saisis : il est en train de me montrer le rebord de ses deux fenêtres qui donnent sur la rue. Il sourit, et redit : "mets tout"...Je m'exécute pendant qu'il regarde. Je suis super ému de partager ça avec lui. J'aligne les petites lampes, je les allume. C'est fragile, il y a un peu de vent, ça s'éteint, je les rallume, en les rapprochant un peu de la vitre, pour que le vent ait moins de prise...Ça l'air de tenir, mais ça ne durera sûrement pas. M'en fous : j'ai le coeur plein de joie. Intérieurement je rends grâce.

 

Quand j'ai fini, monsieur B. observe d'un air ravi. C'est beau. Il me dit simplement "merci", je souffle un "merci à vous", et il rentre chez lui. Je rentre aussi. D'ici ving minutes le vent aura probablement éteint les flamèches. Pas grave : je sais qu'une autre petite flamme s'est allumée. Et celle là, tu peux y aller pour la souffler.

 


 

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