"Si tu es Fils de Dieu"...Identité, filiation.

Publié le par Rodolphe

rose-09-vip-blog-com-778674scsnowflake-vip-blog-com-714971p"Si tu es Fils de Dieu" : le démon prend soin d'appuyer son insinuation sur le doute le plus profond qui soit au coeur de l'homme depuis qu'il a découvert "qu'il était nu" (Genèse 3,7) : celui sur sa propre identité. Ce doute, que l'héritage de la philosophie des Lumières a mis au coeur des préoccupations de la civilisation occidentale et peu à peu au coeur de toutes les cultures sur lesquelles elle influe, ce doute est différent de la connaissance de soi chère aux philosophes grecs depuis Socrate : il ne s'appuie plus sur l'admiration suscitant une interrogation dénuée d'a priori, mais se fonde sur le soupçon, qui implique une négation plus ou moins larvée : "si tu es fils de Dieu" sous entend : " allez, tu vois bien que ce n'est pas vrai, ou alors, prouve-le"...

On entre ainsi dans la tyrannie de la preuve, de la démonstration, au sujet de quelque chose qui ne saurait se prouver, mais se découvre progressivement et s'affirme dans une relation toujours à ajuster avec l'altérité : l'identité profonde de la personne, qui se reçoit d'un Autre. Ce soupçon incessant portant sur qui je suis, ce que je suis, parfois sur la réalité-même de mon être, est la porte ouverte, pour l'humanité, à tous les complexes de toute puissance, à toutes les stratégies de salut de moi par moi, à toutes les auto-justifications, et encore à toutes les fausses logiques victimales. C'est le despotisme de l'ego qui, pris de vertige et de doute, accapare toute la place, obstrue l'horizon, étouffe la simplicité de la relation aimante...Comme un nombril égratigné qui prétendrait que rien n'existe en dehors de lui-même..

La remise en cause touche ici la racine la plus profonde de l'identité humaine : son rapport intime, sa filiation, son lien de dépendance confiante au réel tel qu'il est, à une altérité, un au-delà de soi-même, et radicalement dans l'ordre de l'être et celui de la vie à tous ses degrés : son lien de dépendance aimante à une Source qui le transcende, Source que les grandes traditions religieuses appellent Dieu.

Cette remise en cause, pour ne pas dire cette négation, dévoile au coeur de l'homme, au coeur des sociétés humaines dont elle est devenue le fondement, une béance, un abîme d'angoisse existentielle où la personne ne sait plus ni pourquoi, ni pour qui elle est. Cet abîme, par tous les moyens, il va désormais falloir le combler : "Change ces pierres en pain"...

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Rodolphe 02/03/2010 11:47


pour précision : la chanson jointe au texte, sortie sur le label Spiritual Life Music, est interprétée en créole Haïtien, le texte signifie :

"Eternel Papa nous venons à toi
 Pour te dire merci,
 C'est toi qui donne l'être,
 C'est toi qui donne la vie,
 Eternel Papa nous venons à toi."