Dimanche 16 janvier 2011 7 16 /01 /Jan /2011 12:29

agneau-copie-1.jpgPar deux fois, Jean-Baptiste le répète : "je ne le connaissais pas"...Qui pourtant, parmi ceux qui se tiennent ce jour-là au bord du Jourdain, peut se vanter de mieux connaître Jésus que lui, dont Luc nous dit que dès le sein maternel il tressaillit de joie en reconnaissant le Sauveur ? Peut-on imaginer que le Baptiste ne soit pas familier de Jésus, alors qu'il est son parent, alors que sa famille partage avec la sainte famille de Nazareth le secret de l'origine du Christ ? Et pourtant : "je ne le connaissais pas"...On devine l'accent de surprise, presque d'abasourdissement dans la voix du prophète, et peut-être devrions nous en nous-même interroger saint Jean-Baptiste, comme la séquence du dimanche de Pâques interroge Marie-Madeleine : "qu'as tu vu en chemin" ? Qu'a vu l'homme du Jourdain, quelle fenêtre ouverte sur le Ciel ? Que faut-il, pour qu'un homme chargé d'annoncer le Messie, la Lumière qui vient dans le monde, et qui s'acquitte de cette tâche avec autorité et ferveur, admette soudain, en Le reconnaissant, qu'il ne savait rien de Celui qu'il annonce ?


L'évangile nous montre Jean comme "saisi" par la figure de "l'Agneau de Dieu, qui enlève le péché du monde"...C'est peut-être là,  la révélation qui plonge Jean dans la stupeur : lorsque, à la suite de tout le peuple, Jésus vient à lui pour recevoir le baptême de conversion, qui préfigure le baptême "dans le feu et l'Esprit-Saint", Jean sait que Jésus n'a aucun besoin de se convertir : Il est le Saint, l'Immanou-El, Dieu au milieu de nous. Et pourtant, Jésus le dit, c'est ainsi qu'il "convient d'accomplir toute justice" : il faut qu'Il soit plongé dans cette eau qui est comme "chargée" des péchés de tout le peuple, il faut qu'Il s'identifie, personnellement, à chacun des pauvres pécheurs venus pour être purifiés et renouvelés dans le Jourdain, il faut qu'Il prenne sur lui la charge des fautes d'Israël...Le Jourdain, comme une annonce de la Croix où Jésus réalisera cela en plénitude, une fois pour toutes et pour toute l'humanité : pénétrant ce Mystère, Jean découvre en Jésus l'Agneau, figure transversale de toute l'Ecriture, qu'Israël espère depuis la question inquiète d'Isaac (Gn 22, 7) : "où est l'agneau pour l'holocauste ?" Où est Celui qui, en s'offrant, pourra pleinement accomplir ce que la liturgie du Temple annonce : la pleine et définitive restauration de l'alliance de l'homme avec Dieu ?

 

Jean-Baptiste qui proclamait la venue imminente d'un messie terrible qui accomplirait la purification de son peuple dans le feu, est totalement pris de court par Celui qui s'avance vers lui, et en qui il reconnaît la figure d'un Dieu humble et vulnérable, d'un Dieu doux et prévenant qui se fait serviteur des plus accablés, se chargeant Lui-même du poids qui les écrase, se livrant de toute l'immensité de Son innocence pour que nous soyons libérés...Jésus est l'Agneau qui se livre tout entier à chacun, pour que, faisant toujours d'avantage l'expérience de la tendresse, de la sollicitude et de la douceur de Dieu, spécialement pour les plus blessés, chacun, quel qu'il soit, quels que soient sa foi, sa culture, sa vertu ou son péché, puisse dire : "je ne le connaissais pas", puisse accepter de Le rencontrer tel qu'Il est, accepter de se laisser réconcilier avec Lui, qui nous aime tels que nous sommes et inlassablement nous attend pour nous donner Sa vie.

 


 
Par un chrétien - Communauté : Chrétiens et heureux de croire
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Lundi 20 décembre 2010 1 20 /12 /Déc /2010 18:28

Grande-roue.jpgC'est à Toi, mon Dieu, que j'adresse ce petit billet. Je voulais te parler de la grande-roue installée place de l'Hôtel de Ville chaque hiver. Il y a cinq ans, lorsque je suis tombé en dépression grave, j'étais tellement mal que je m'interdisais d'y monter, de peur de me jeter d'en haut. Toi qui étais venu à ma rencontre il y a plusieurs années, Tu es revenu, malgré mes infidélités, et Tu m'as guéri, voici déjà trois ans. Ce matin, j'ai donné trois euros à la caissière, et je suis monté dans une des petites nacelles de la grande-roue. Le premier tour, j'ai eu très peur, c'est tout de même vachement haut et quand on y est, on a pas l'impression que la nacelle soit tellement solide ni bien arrimée. Les tours suivants ont été plus paisibles, je repérais les clochers de la ville, où tu as ta demeure, puis je regardais les gens en bas dans les rues, toutes ces petites fourmis qui vont à leurs affaires. L'air était vif, j'étais bien. Au bout de cinq tours la roue s'est arrêtée et j'ai continué mes petites courses de Noël. Voilà, c'est pas grand-chose, mais c'est énorme. Je voulais simplement Te dire merci.

Par un chrétien - Communauté : Chrétiens et heureux de croire
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Mercredi 8 décembre 2010 3 08 /12 /Déc /2010 21:11

fetelumiere2009lumignon.jpgJe voulais faire un article sur le 8 décembre, la fête de l'Immaculée Conception, tout ça. Je ne savais pas trop comment m'y prendre : pas tellement envie de partir dans une de ces grandes envolées théologico-lyriques dont j'ai le secret...Sur ce je suis sorti balader mon toutou, et j'en profitai pour regarder les centaines de lumignons que les gens avaient allumés devant leurs fenêtres. J'aime bien , vraiment j'aime bien : chacune de ces petites flammes, quel que soit le motif pour lequel elle a été allumée, c'est comme une petite louange qui s'élève, un chant d'espoir lancé en l'honneur de Celle qui porte toute l'Espérance du monde. Une petite étincelle avant la grande clarté de Noël. Y'a une légèreté dans l'air. On sent qu'Elle est là. Et qu'elle est contente. Et qu'elle bénit, largement, sans se soucier de savoir si la loupiote a été allumée par un pieux dévot, ou par quelqu'un qui s'est juste dit que "c'était joli".

 

Bref, mon petit tour terminé, je rentre chez moi et je commence à mon tour à installer les lumignons sur le rebord de ma fenêtre. Je fais ça de l'extérieur, vu que j'habite au rez-de-chaussée. J'allume toutes mes loupiotes, c'est beau. La porte de l'immeuble s'ouvre : c'est mon voisin de palier, un tunisien d'une soixantaine d'année. Probablement bon musulman, sa femme porte le voile. Un gars bien, un homme généreux qui un jour n'a pas hésité à m'offrir une bouteille de deux litres d'huile d'olive ramenée du bled, quand je lui demandais si, éventuellement, il ne pouvait pas me dépanner d'un fond de tasse pour une vinaigrette.

 

"Oh, c'est joliiii"...Je le regarde tout content, en même temps je me sens un peu bête, je lui fais : "hé oui, c'est le 8 décembre"..."hé oui", il répond. Il regarde un moment. D'un coup, il ajoute, assez enthousiaste : "allez, mets tout !". Je me demande de quoi il parle : y'a plus de place sur ma fenêtre, il me reste des bougies mais je ne vois pas bien ce que...D'un coup, je saisis : il est en train de me montrer le rebord de ses deux fenêtres qui donnent sur la rue. Il sourit, et redit : "mets tout"...Je m'exécute pendant qu'il regarde. Je suis super ému de partager ça avec lui. J'aligne les petites lampes, je les allume. C'est fragile, il y a un peu de vent, ça s'éteint, je les rallume, en les rapprochant un peu de la vitre, pour que le vent ait moins de prise...Ça l'air de tenir, mais ça ne durera sûrement pas. M'en fous : j'ai le coeur plein de joie. Intérieurement je rends grâce.

 

Quand j'ai fini, monsieur B. observe d'un air ravi. C'est beau. Il me dit simplement "merci", je souffle un "merci à vous", et il rentre chez lui. Je rentre aussi. D'ici ving minutes le vent aura probablement éteint les flamèches. Pas grave : je sais qu'une autre petite flamme s'est allumée. Et celle là, tu peux y aller pour la souffler.

 


 

Par un chrétien - Communauté : Religions en toute liberté
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Mardi 30 novembre 2010 2 30 /11 /Nov /2010 11:23
jesus-writing-with-his-finger-thumb4058223.jpg "Cher Jésus, je t'écris ce petit mot pour que tu puisses m'expliquer pourquoi l'Eglise est contre les mères porteuses. Ps : bises à ta maman."
C'est le message qu'un ami m'a transmis, l'ayant trouvé sur Twitter. Comme, c'est bien connu, je suis branché en ligne directe avec le Patron, voici la réponse qu'Il m'a expédiée :

"Mon petit (tu permettras que je t'appelles mon petit, je suis Dieu, tout de même, ça me donne quelques privilèges, ce qui est la moindre des choses vus tous les ennuis que cela me cause par ailleurs). Pour commencer je te prie de m'excuser  pour la médiocrité de l'intermédiaire que j'ai choisi pour répondre à ta question, la transmission risque d'être lo-fi, enfin, il fait ce qu'il peut, je l'aime beaucoup (je ne sais pas faire autrement) mais faut reconnaître que par moments il n'est pas très clair. C'est la même chose avec la bande de bras cassés que tu appelles l'Eglise : ils font le maximum mais j'avoue qu'ils n'ont réellement pas les moyens d'assurer la mission que je leur ai confiée. Pour tout dire, je m'y attendais, je l'ai même un peu fait exprès. Si j'avais voulu des intellos et des mystiques, j'aurais recruté des esséniens ou des pharisiens pour leur proposer le deal, voire des grecs, mais pas des galiléens tout juste bons à repriser des filets de pêche (je ne te parle même pas d'attraper du poisson, ça ils n'ont jamais été fichus d'y arriver sans que je sois dans les parages). Mais bon, si à la base j'avais sélectionné des cadors, je ne te dis pas la grosse tête qu'ils auraient prise, déjà que ceux-là arrivent quand-même à se prendre pour les rois du pétrole...

C'était quoi ta question déjà ? Ah oui. Les mères porteuses. Ok. Déjà, dis toi que les gars du service théologie et éthique de la succursale terrestre n'ont pas la vie facile, dans la mesure où au départ il y a tout un tas de trucs sur lesquels je ne les ai pas briefés dans le manuel. Et puis, il faut reconnaître que comme Créateur, je suis plutôt doué : vous arrivez tout de même à faire des choses invraisemblables, nom de moi ! Fier de vous, je suis ! Mais avoue que ça génère aussi tout un tas de cas de figures qui sont de vrais casse-tête : pas étonnant que tout le monde ne soit pas d'accord, et pas seulement chez les bigotes...Y'a qu'à voir : même la femme de ce vieux franc-mac de Jospin est contre les mères porteuses, et pourtant celle-là c'est pas le nombre de chapelets qu'elle a faits qui risquent de lui filer une tendinite.

Bref, bien que durs de la feuille et du reste, il y a quand même quelques points sur lesquels les gentils organisateurs de mon fan-club romain ont compris que je ne transigeais pas trop. Ils commencent notamment à capter que s'il est écrit "Dieu est amour", ce n'est pas juste pour donner un petit cachet romantique et que le bouquin se vende mieux : on s'en fout, on est déjà leaders sur le marché, et Tolkien qui nous talonne est de la maison aussi ! Que je sois amour, ça a tout de même quelques conséquences, et notamment celle-ci : vous autres misérables atomes perdus dans un univers dont vous êtes totalement incapables de saisir par vos propres moyens l'étendue, la signification et la finalité, n'êtes néanmoins pas le fruit d'une expérience hasardeuse. Ça risque de te faire tout chose, mais il faut que tu captes que j'ai désiré follement chacun de vous, toi, et le clampin qui s'arrache les cheveux à écrire ce texte, et l'autre là, le mec dont la gueule et les discours ne te reviennent pas, colle ici la photo du président de ton choix. Même que j'aime chacun de vous avec le même amour que je m'aime moi même, attendu que je suis l'unique réalité objectivement digne d'un tel amour. Eh ouais, ça peut paraître un peu too much, mais c'est tout moi, ça : excessif. Alors, évidemment, d'un certain point de vue c'est une grâce qui vous passe très haut au dessus de la tête (pas que j'aie pas mis le paquet pour vous le faire comprendre note bien, une de mes trois personnes a tout de même fini sa carrière chez vous sur un bout de bois avec quatre méchants piercings), mais d'un autre côté, c'est pas dur de capter que ça vous confère mine de rien une dignité foutrement intrinsèque et velument irréductible. Même que ça fait plein d'histoires vu que les chrétiens (sympathique vocable, qui signifie in extenso "ceux qui ont été oint d'amour comme une mère attentionnée frotte d'huile parfumée son tout-petit") ne font rien qu'à dire qu'il n'y a dans la vie d'un être humain, de sa conception à sa mort et même après, aucun instant où je ne l'aimerais pas de la sorte. Propriété privée de l'Eternel Sabaot. Objet d'art. Est lié perpétuellement à Dieu par un serment irrévocable. Pas touche minouche.

 
Tu comprendras donc aisément que pour le gérant de ma boîte et ses associés, les bidouillages sur des embryons humains à base de "et vas-y que je te produis ça en série en laboratoire, que je te fous les surnuméraires au congélo voire que j e les refile à la recherche médicale ou à l'industrie pharmaceutique, et que je te recase l'heureux élu dans une tierce bedaine remunérée-défrayée", ça passe plutôt moyen. Faut dire aussi que l'autre conséquence de "Dieu est amour" (Ah, je vous ai bien coincés avec celle-là !), c'est que je ne saurais être étranger à tout ce qui touche de près ou de loin à l'amour, ce que vous en faites, comment vous le faites, ni à tous vos usages détournés de ce gros cadeau que je vous ai offert. Pendant une séance de brainstorming, un de mes secrétaires agréés a noté un jour : "ce que Dieu a uni, que l'homme ne le sépare point". Alors évidemment, tout le monde s'est rué là-dessus pour dire que ça concernait le mariage, et la proscription du divorce...Bon, c'est clair, certes, que dans la mesure ou moi, je m'engage, par un sacrement, à être en personne l'amour qui unit ceux qui sont encore assez réacs, inconscients ou cinglés pour se marier à l'église, ça me ferait très plaisir qu'ils ne passent pas chez monsieur le juge à la première chiquenaude. Mais y'a pas que ça, mon petit..."Que l'homme ne le sépare point"...Si tu veux, à la base, le programme c'est ça : je veux que la vie vous soit transmise dans un acte total d'amour, qui implique un maximum de tendresse, de présence, de communion, de plaisir partagé. Je veux ce qu'il y a de mieux. Je veux que vous compreniez que vous êtes le fruit d'un amour immense et d'un désir qui ne l'est pas moins, que vous avez du prix à mes yeux et que je vous aime. Et cette compréhension, cette certitude là, plus vous séparez la vie, dès son commencement, de l'acte d'amour hyper-concret et plus que ça, charnel, qui est à sa source, moins elle est évidente, plus vous risquez de considérer que finalement, votre vie n'a pas grande valeur, plus vous risquez de déraper. C'est pour ça que chez moi on ne plaisante pas avec tout ce qui est instrumentalisation de la vie humaine, même (surtout !!!) lorsque les intentions semblent louables et les techniques permettre un vrai progrès : je vous ai déjà vus, avec les meilleures intentions du monde, commettre suffisamment d'horreurs pour savoir à quoi m'en tenir à ce propos. La fission nucléaire à l'origine, c'était pour se chauffer pas cher et voyager dans l'espace, si mes souvenirs sont bons...Ça, à Nagasaki, niveau chauffage et propulsion dans la stratosphère, ils ont été servis !

Alors, je te vois venir, tu vas me dire : "c'est bien gentil tout ça, mais, les couples qui ne peuvent pas avoir de gosses, ils font quoi ? Et d'abord, si tu nous aimes tant que ça, pourquoi tu permets que certains vivent une telle épreuve ?" C'est une bonne question, et parfois je me dis que je n'aurais pas dû vous faire aussi intelligents, parce que six milliards de pélos qui passent le plus clair de leur temps à me harceler de questions, par moments je te raconte pas la migraine. Je vais pas te refaire le cours de caté, on a dû assez te bassiner avec ça quand tu étais marmot (moi j'ai eu du bol, les mecs ont vite compris qu'ils n'avaient pas grand chose à m'apprendre, ils ont pas insisté) , pourtant tu n'es pas sans savoir que selon mon plan A, ça ne devait pas du tout se passer comme ça...Mais sur les conseils d'une autre de mes créatures chéries qui a mal tourné, vous avez tout fait foirer, et ça a fichu un merdier monstre, jusque dans l'organisation du cosmos (vous comprendrez au Ciel combien vos corps et l'univers matériel sont intimement liés), merdier dont vos maladies, handicaps et autres stérilités sont autant d'avatars. Pour le plan B, j'ai fait le choix de ne pas tout remettre au niveau initial, là aussi tu comprendras pleinement pourquoi au Ciel. Comme je te l'ai dit, le pauvre instrument que j'ai choisi pour te répondre a de sérieuses lacunes, mais il peut tout de même te dire qu'il lui semble que je montre plus d'amour en me servant de ce qui a foiré et des conséquences du plantage pour faire advenir une grâce encore plus grande, une intimité encore plus forte entre vous et moi, que si j'avais simplement rétabli le réglage d'usine. Ok, dans ce cas, il n'y aurait pas de couples stériles, pas de cancers, et pour tout dire, pas de mort non plus. Ça serait vachement glop. Mais simultanément, personne ne connaîtrait la béatitude de vivre par pure grâce de ma vie trinitaire. A vue humaine, par temps de brouillard, ça peut vous sembler (shame on you !) une maigre consolation. A vue de moi, croyez moi que vous ne perdez pas au change !!!

Avant de faire le coup du Grand Départ (que depuis, tous les prestidigitateurs et dessinateurs de comics du monde essayent de me piquer) je me suis laissé aller à dire à ceux qui étaient là, en comptant bien qu'ils le répètent : "je suis avec vous tous les jours jusqu'à la fin du monde". Evidemment, comme vous êtes de grands anxieux, vous avez bloqué sur le côté "2012" de l'affaire, et vous avez un peu fait comme si "je suis avec vous tous les jours", c'était un petit air de flûte que je vous jouais pour vous consoler de ne plus voir ma bouille. Je suis avec vous, et je vais même te dire un petit secret parce que je t'aime bien : je suis en vous. Tous les jours. Crois-tu qu'il n'y ait de fécondité que naturelle ? Crois-tu que la capacité que ma présence vous donne à vous livrer entièrement à ceux qui en ont besoin, ne génère pas des paternités, des maternités, des filiations aussi vraies et intenses que celles "selon la chair et le sang" ? Crois-tu que je délaisserais un couple sans enfant qui aurait le courage de me mettre au coeur de sa grande misère ? Que je ne saurais pas lui montrer où et comment laisser jaillir, de sa blessure, une fécondité spirituelle surpassant toute attente, toute espérance ? T'as jamais lu l'Ancien Testament ou quoi, fiston ? Et ceux qui ne croient pas en moi ? dis-toi qu'il me suffit qu'ils croient assez à l'amour pour s'y livrer sans trop de calculs, je ne suis pas si chatouilleux que ça avec le nom qu'on me donne...Et s'ils ne croient pas à l'amour...Pourquoi voudraient-ils avoir des enfants ?

Voilà...Mon misérable serviteur laissant transparaître quelques signes de fatigue en dépit de la joie immense qu'il éprouve à faire sa tâche d'esclave inutile, je vais te laisser sur ces considérations...Si tu as d'autres questions, n'hésite pas à me les poser : c'est toujours la fête dans la maison de Papa quand tu t'adresses à moi. Maman te passe le bonjour, elle me charge de te dire qu'elle est très contente que tu ais pensé à elle, et elle rajoute qu'elle est bien placée pour confirmer qu'il y a du vrai dans ce qui vient d'être écrit. Toute la famille te fait des bises. A bientôt."

Par un chrétien - Communauté : partage
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Vendredi 8 octobre 2010 5 08 /10 /Oct /2010 11:30

Annonciation-SanMarcos_K360.jpgIl y a une toute jeune fille...Certains ont dit qu'elle avait seize ans, c'est probable...Le nom de la vierge est Marie, et c'est elle qui inaugure ces mystères de l'Incarnation du Verbe. Il y a un évènement, et bien qu'il soit relaté par l'évangile de Luc, nous ne savons rien du "comment" de la chose. Un ange survient et salue la jeune fille. Comment se figurer cela ? J'opte personnellement pour une immense clarté intérieure, qui en dit long aussi sur la profondeur de la prière de la gamine : elle est telle, que quand le Ciel se présente à elle, il s'incline et il lui rend hommage : "Réjouis toi Marie, tu es comblée de grâce, le Seigneur est avec toi"...Immédiatement, un autre mystère nous est révélé : Marie demeure cachée à elle même, elle ne comprend pas la salutation. Nous, généralement, passons un temps fou à nous "tâter le poul", à nous inquiéter de notre progression spirituelle, à lorgner chez le voisin pour vérifier s'il est plus saint que nous, auquel cas nous sommes capables de concevoir les pires jalousies. Et si un ange venait à nous pour nous dire que nous sommes dans la plénitude de la grâce et que Dieu est avec nous, pardon, mais je pense qu'on prendrait légèrement la grosse tête. Ce n'est tellement pas la problématique de la jeune fille de Nazareth, que lorsqu'un Archange dont il nous est dit ailleurs qu'il se "tient devant Dieu" la salue comme une reine, c'est simple : elle ne voit même pas de quoi il parle...Tiens, et si nous profitions de cette méditation pour demander à Marie d'intercéder pour que l'Esprit Saint nous purifie de l'orgueil spirituel ?

 

Dans les versets qui suivent on trouve, lorsque l'Ange lui annonce qu'elle portera et enfantera le Fils de Dieu, cette réponse étonnante : "comment cela sera t-il, puisque je ne connais pas d'homme"...Juste avant, il nous est dit que la vierge est fiancée à un homme de la maison de David, du nom de Joseph : la question est donc pour le moins incongrue, en toute logique Marie, qui connaissait les écritures comme tout juif pieux de son temps, aurait dû penser : "voilà, Dieu me demande donc de m'unir à Joseph, et de notre amour va naître le Messie descendant de David qui nous est promis par les prophètes depuis des siècles". C'est ce qu'elle auraît dû se dire, d'autant qu'il ne peut se concevoir pour une femme juive de ce temps d'honneur plus insigne que d'enfanter le Lion de Juda...Mais non : "je ne connais pas d'homme"...la gamine est consacrée. Elle a fait dans son coeur ce voeu d'être toute entière à Dieu, et cela est tellement enraciné en elle que rien, pas même un ange lui annonçant qu'elle doit être la mère du Sauveur, ne peut ébranler sa détermination...Confions à la prière de Marie toutes les personnes consacrées, religieux, religieuses, laïcs consacrés...Qu'ils trouvent sans cesse dans la consécration de la Vierge, à la fois la source, le sens et le renouvellement de leur propre engagement. Confions lui l'Eglise, afin que chacun de ses membres, quel que soit son état de vie, ses appels propres, sa proximité ou son éloignement, se souvienne que par son baptême il est lui aussi consacré à Dieu.

 

 

 

 

C'est cette consécration même, qui rend Marie disponible à ce dessein incompréhensible de Dieu qui va unir en son sein la nature humaine et la nature divine. Là encore, rien ne nous est dit du "comment", et le mystère demeure tout aussi inaccessible à l'intelligence de Marie qu'il l'est à la notre. Mais ce qui nous est dit, c'est que le grand dessein de l'Incarnation, par laquelle le Dieu d'amour vient habiter notre chair, débute lorsque Marie se reconnaît comme la servante du Seigneur. "Qu'il m'advienne selon ta parole". Être serviteur du Seigneur, n'est-ce pas, au delà de la manière dont cela va s'exprimer dans notre agir, reconnaître que Dieu est absolument premier, que tout ce que nous sommes et tout ce que nous avons, nous le recevons de Lui, et que nous demeurons dans Sa main ? Achevons cette première méditation des mystères du rosaire, en demandant à Dieu de faire de nous des adorateurs, afin qu'à notre tour nous puissions être couverts de l'ombre de la puissance du Très-Haut, et qu'advienne le Christ Jésus dans nos vies.

 

Puisque "rien n'est impossible à Dieu" !

Par un chrétien - Communauté : Chrétiens et heureux de croire
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